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Pour plusieurs jeunes chercheurs d'emploi, lire une petite annonce ou remplir une demande d'emploi représente tout un défi. Bien qu'analphabète, ils réussissent à faire leur chemin sur le marché du travail. Au prix de grands efforts.


"Environ un million de personnes au Québec ont des problèmes majeurs avec la lecture et l'écriture, au point de ne pouvoir participer activement à la société, déclare Sophie Labrecque, directrice générale de la Fondation québécoise pour l'alphabétisation. Et ce qui est dramatique, c'est l'augmentation du nombre de jeunes dans cette situation", ajoute-t-elle.

Au Québec, le tiers des jeunes fréquentant l'école secondaire quittent sans diplôme. Selon les données du ministère de l'Éducation, près de 85 000 personnes de 15 à 29 ans comptent moins de 9 ans de scolarité, soit 5,9 % des jeunes de cet âge. Plusieurs d'entre eux sont des analphabètes fonctionnels qui éprouvent de la difficulté à lire des textes dans la vie courante.

L'analphabétisme est plus répandu qu'on ne le pense chez les jeunes travailleurs, explique Louise Clément, directrice du Carrefour Jeunesse-Emploi Beauharnois-Salaberry. "On dit qu'ils sont analphabètes fonctionnels parce qu'ils se débrouillent, mais ils écrivent comme ils parlent. Ils décrochent au secondaire parce qu'ils ne sont pas assez avancés sur les plans de la lecture et de l'écriture. Quand ils veulent reprendre les études, ils sont de niveau primaire. Ils réussissent à se trouver du travail, mais ce sont des emplois précaires. Ils sont toujours les premiers à perdre leur boulot."

Des voies particulières
Les analphabètes fonctionnels ne sont pas tous des décrocheurs. Plusieurs se rendent à la fin de leur études secondaires, mais en cheminement particulier, c'est-à-dire en participant aux programmes spéciaux dédiés aux élèves en difficulté d'apprentissages. "Mes parents sont analphabètes et j'ai toujours eu de la difficulté à l'école", confie Sylvain (nom fictif). "J'ai été placé dans les classes spéciales. Mais quand je suis sorti de l'école à 17 ans, je ne savais pas lire du tout et encore moins remplir des demandes d'emploi."

Le système scolaire n'arrive donc pas toujours à répondre aux besoins des élèves en difficulté d'apprentissage comme Sylvain. Ceux qui ont alors la possibilité de se tourner vers les cours d'alphabétisation, qui ont pour but d'augmenter les compétences de base en lecture, en écriture et en calcul. Sylvain est d'ailleurs parvenu à intégrer le marché du travail comme concierge, après avoir suivi des cours d'alphabétisation et une formation en entretien d'immeubles.

C'est pour venir en aide à ces jeunes que le Centre d'organisation mauricien de services et d'éducation populaire (COMSEP) de Trois-Rivières a créé en octobre dernier un groupe de formation adapté à leurs besoins particuliers. Au menu chaque semaine : 9 heures consacrées à l'apprentissage de la lecture et de l'écriture; le reste du temps soit 11 heures, est alloué à la réalisation d'un projet, par exemple un document vidéo. "Si nous assoyons ces jeunes sur les bancs d'école tout au long de la semaine, nous allons les perdre", soutient Denise Carbonneau, responsable du secteur alphabétisation au COMSEP.

La boîte aux lettres, un organisme d'alphabétisation longueuillois, a choisi la même approche. Création d'un journal, atelier d'autobiographie, réalisation d'une pièce de théâtre, atelier de cuisine sont autant de façons d'amener les jeunes à parfaire leurs compétences en lecture et en écriture. "Ce que nous voulons, c'est améliorer les conditions de vie des jeunes par le biais de l'alphabétisation", explique la formatrice Martine Dupont. Parmi les 70 jeunes qui ont suivi des cours à la boîte aux lettres en 2001, dit-elle, la plupart ont décidé de poursuivre leurs études ou ont intégré le marché du travail.

Sources : www.jobboom.com le magasine janvier-février 2003, vol. 4 nº 1



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